Le mal de l'altitude sur le Salkantay :
Comment le prévenir et le gérer

Le mal de l'altitude sur le Salkantay : comment le prévenir et le gérer


Catégorie: Santé et sécurité | Temps de lecture : 7 min


 

Le mal des montagnes est un sujet incontournable avant toute randonnée, et celui que la plupart des gens espèrent secrètement ne pas subir. Pourtant, il concerne tout le monde. Pas forcément de façon grave, ni au point d'affecter votre randonnée, mais les effets physiologiques du manque d'oxygène en haute altitude ne font aucune exception, quels que soient votre condition physique, votre âge, votre expérience ou votre optimisme.

La bonne nouvelle, c'est que le mal de l'altitude sur le Salkantay est presque toujours gérable avec une bonne préparation. Les personnes qui vivent de véritables mauvaises expériences sont presque toujours celles qui ont ignoré les conseils d'acclimatation, qui sont montées en altitude trop rapidement ou qui n'ont pas su reconnaître les premiers symptômes avant qu'ils ne s'aggravent. Cet article vous apporte les informations essentielles, sans alarmisme ni faux réconfort.

 


 

Qu’est-ce que le mal de l’altitude ?

Lorsqu'on monte en altitude, la pression atmosphérique diminue, réduisant ainsi la quantité d'oxygène disponible à chaque respiration. Le corps réagit en respirant plus vite et en travaillant davantage pour oxygéner les organes et les muscles. Cette adaptation prend du temps. Si l'on monte plus vite que le corps ne peut s'adapter, on souffre du mal aigu des montagnes (MAM).

Cusco se situe à 3 400 mètres d'altitude. Le premier campement du Salkantay, à Soraypampa, se trouve à 3 900 mètres. Le col du Salkantay culmine à 4 630 mètres. Vous passerez du temps à ces trois altitudes au cours des deux premiers jours de trek. Cette progression est gérable avec une bonne préparation, mais devient très difficile sans elle.

Le mal aigu des montagnes (MAM) n'est pas la seule affection liée à l'altitude qu'il convient de connaître, mais c'est de loin la plus fréquente sur le Salkantay. Les deux affections plus graves, l'œdème pulmonaire de haute altitude et l'œdème cérébral de haute altitude, sont rares, mais nécessitent une descente immédiate et une prise en charge médicale en cas d'apparition. Il est important de comprendre la différence entre un MAM léger et ces affections plus graves.

 


 

Symptômes

AMS légère Les symptômes se manifestent par des maux de tête, généralement décrits comme une pression sourde plutôt qu'une douleur aiguë, accompagnés d'un ou plusieurs des symptômes suivants : fatigue plus importante que celle normalement occasionnée par la marche, nausées avec ou sans vomissements, vertiges en se levant ou en changeant de position, difficultés à dormir, et une sensation générale de lourdeur et de baisse de motivation. Un mal aigu des montagnes léger est fréquent les premiers jours à Cusco et ne signifie pas automatiquement que votre trek est compromis. Cela signifie simplement que votre corps s'adapte et a besoin de temps.

AMS modérée Les symptômes restent les mêmes, mais sont plus marqués : les maux de tête sont plus persistants et moins sensibles aux analgésiques classiques, les nausées s’intensifient et la coordination et l’équilibre se détériorent sensiblement. À ce stade, il est déconseillé de poursuivre l’ascension tant que les symptômes ne s’améliorent pas.

Mal aigu des montagnes sévère, œdème cérébral de haute altitude et œdème pulmonaire de haute altitude Ces conditions nécessitent une descente immédiate. Parmi les symptômes indiquant un problème grave, on note une perte de coordination rendant la marche en ligne droite difficile, de la confusion ou un comportement inhabituel, une toux persistante avec expectorations rosées ou mousseuses, un essoufflement important au repos et une incapacité à s'hydrater. L'apparition de l'un de ces symptômes au sein d'un groupe de randonneurs constitue une urgence médicale. Chaque guide de Salkantay Horizons est formé pour les reconnaître et y réagir.

 


 

La seule chose qui l'empêche réellement

L'acclimatation est la seule prévention fiable contre le mal de l'altitude. Tout le reste (médicaments, infusion de coca, hydratation) ne fait que soulager la douleur. C'est le temps passé en altitude qui est déterminant.

Arrivez à Cusco au moins deux nuits complètes avant le début de votre trek. Pas une seule nuit. Pas la veille. Deux nuits minimum, trois si votre emploi du temps le permet. Pendant ces deux jours, marchez à un rythme modéré, privilégiez les courtes promenades aux longues journées de visites et soyez attentif aux réactions de votre corps. Si vous arrivez à Cusco en pleine forme le premier jour et que vous vous réveillez le deuxième jour avec un léger mal de tête et une sensation de fatigue, c'est normal et cela ne présage rien de bon pour votre trek. Cela signifie simplement que l'acclimatation se déroule bien.

Le pire que vous puissiez faire est d'atterrir à Cusco depuis le niveau de la mer et de tenter l'ascension du Salkantay le lendemain matin. Les gens le font. Cela finit rarement bien.

 


 

Des choses pratiques qui aident

Hydratation Dès votre arrivée à Cusco, buvez beaucoup plus d'eau que d'habitude. La déshydratation et le mal aigu des montagnes (MAM) partagent de nombreux symptômes et s'aggravent mutuellement. Un bon indicateur est que votre urine doit rester jaune pâle pendant toute la durée de votre séjour en altitude. Une urine foncée en altitude est un signe d'alerte à prendre au sérieux.

Nourriture et alcool Mangez léger pendant les premières 24 heures à Cusco, surtout le jour de votre arrivée. Votre digestion ralentit en altitude et les repas copieux ne font qu'aggraver votre inconfort. Évitez l'alcool les deux premières nuits. L'alcool déshydrate, perturbe le sommeil et nuit à l'adaptation physiologique, ce qui est mesurable et réellement significatif en altitude. Une bière la veille du trek est bien différente de deux bouteilles de vin le premier soir à Cusco.

Dormir Votre corps effectue la majeure partie de son travail d'acclimatation pendant le sommeil. Un sommeil perturbé ou raccourci en altitude ralentit ce processus. Couchez-vous à une heure raisonnable pendant vos jours d'acclimatation, même si l'énergie de Cusco peut sembler contre-intuitive.

Rythme sur le sentier La phrase quechua poco a poco, Ce col, petit à petit, existe pour une raison dans cette partie du monde. Le premier jour et lors de l'ascension du deuxième jour, marchez à un rythme qui vous permette de tenir une conversation sans effort excessif. Votre guide adaptera l'allure au groupe. Si vous ressentez l'envie d'accélérer, résistez. Le col sera toujours là, que vous arriviez en courant ou à une allure régulière, et la différence de ressenti à l'arrivée sera considérable.

 


 

Thé aux feuilles de coca

La tisane de feuilles de coca est utilisée depuis des siècles par les communautés andines pour soulager les symptômes du mal aigu des montagnes et reste le remède le plus consommé à Cusco. Légale au Pérou, elle est disponible dans presque tous les restaurants et hôtels et atténue légèrement les symptômes du mal aigu des montagnes, notamment les maux de tête et les nausées.

Son action repose en partie sur de légères propriétés stimulantes qui améliorent la circulation et en partie sur un effet direct sur le système digestif qui atténue les nausées. La faible teneur en alcaloïdes actifs de cette tisane ne produit aucun effet stimulant significatif, contrairement à ce que l'on pourrait attendre d'une tasse de café de taille moyenne.

Buvez-en régulièrement pendant votre séjour à Cusco, cela vous aidera. Ne considérez pas cela comme un substitut à une acclimatation adéquate. C'est une aide, pas une solution.

Les feuilles de coca peuvent aussi être mâchées directement, méthode traditionnelle légèrement plus efficace que l'infusion. Une petite poignée de feuilles, appliquée contre l'intérieur de la joue, libère progressivement les composés actifs pendant 20 à 30 minutes. De nombreux guides emportent des feuilles de coca en randonnée et les proposent aux randonneurs lors de la deuxième étape de l'ascension.

 


 

Diamox

Diamox, nom commercial de l'acétazolamide, est un médicament sur ordonnance qui accélère l'acclimatation en stimulant la respiration, ce qui augmente le taux d'oxygène dans le sang. Il est largement utilisé par les randonneurs en haute altitude et s'avère réellement efficace pour réduire la fréquence et la gravité du mal aigu des montagnes (MAM).

Si vous envisagez de prendre du Diamox, consultez votre médecin avant de voyager. Ce médicament ne convient pas à tout le monde, notamment aux personnes allergiques aux sulfamides, et peut entraîner des effets secondaires tels qu'une augmentation de la fréquence des mictions et de légers picotements dans les mains et les pieds. Il est généralement conseillé de commencer le traitement 24 heures avant de monter en altitude.

Diamox ne dispense pas de l'acclimatation. Il réduit le risque de mal aigu des montagnes et facilite l'adaptation, mais les personnes qui en prennent et qui se rendent malgré tout en altitude sans acclimatation adéquate peuvent développer des symptômes.

 


 

Que faire si vous présentez des symptômes pendant le trek ?

Symptômes légers : Signalez tout problème à votre guide. C'est primordial. Les guides de Salkantay Horizons sont formés à la médecine de l'altitude et évalueront vos symptômes, adapteront le rythme du groupe si nécessaire et surveilleront votre état tout au long de la journée. Les symptômes légers du mal aigu des montagnes s'améliorent souvent avec le repos, une bonne hydratation et le temps. N'essayez pas de forcer malgré des symptômes modérés ou graves sans en avoir parlé d'abord à votre guide.

Si les symptômes s'aggravent : Le traitement de l'aggravation du mal de l'altitude consiste à descendre. Cette règle est impérative. Une descente de seulement 300 à 500 mètres peut entraîner une amélioration rapide des symptômes. Votre guide emporte de l'oxygène d'urgence pour tous les départs au-dessus de 4 000 mètres, ce qui permet un soulagement temporaire en attendant la descente. Des protocoles d'évacuation d'urgence sont prévus pour tous nos départs.

Ne montez pas si vous présentez des symptômes modérés ou graves. Le col de Salkantay sera là la prochaine fois. La décision de descendre plutôt que de forcer malgré des symptômes graves est toujours la bonne et toujours réversible. La décision d'ignorer des symptômes graves et de continuer l'ascension ne l'est parfois pas.

 


 

Note sur la variation individuelle

Certaines personnes s'acclimatent rapidement et ne ressentent que des effets minimes, même à 4 630 mètres d'altitude. D'autres, ayant une condition physique et une expérience équivalentes, éprouvent des difficultés sur la même montagne, le même jour. La tolérance à l'altitude comporte une véritable composante génétique qu'aucun entraînement ni préparation ne peut éliminer. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, mais plutôt de prendre les conseils d'acclimatation au sérieux, quelle que soit votre condition physique ou votre expérience en altitude lors d'un précédent séjour. Une expérience antérieure en altitude ne garantit pas une réaction identique la prochaine fois.

 


 

Informations d'urgence

Tous les guides de Salkantay Horizons sont équipés d'un dispositif de communication par satellite lors des randonnées au-dessus de 4 000 mètres. L'oxygène d'urgence est fourni systématiquement lors de chaque départ. Notre équipe opérationnelle à Cusco assure une liaison permanente avec tous les groupes de randonneurs et les protocoles d'évacuation sont testés et opérationnels. Avant le départ, vous bénéficierez d'un briefing complet sur la sécurité, incluant la reconnaissance des symptômes du mal d'altitude, nos procédures d'urgence et les coordonnées de notre bureau à Cusco.

 


 

Si vous avez des inquiétudes particulières concernant votre santé et l'altitude, ou des questions sur vos médicaments, nous serons ravis de vous conseiller en fonction de la période de l'année et de l'itinéraire que vous envisagez. N'hésitez pas à nous contacter avant de réserver.

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